400 Team Raid Nature Multisport

Venez découvrir les résumés, photos et commentaires des raids natures multisports, entraînements et autres moments de vie de l'équipe 400 TEAM à travers la france...

Thursday, November 17, 2016

Championnats du monde de raid aventure 2016. Australie-Shoalhaven.630km. 95 équipes.

jeudi 10 novembre. Midi. Jervis Bay. Section 1 Kayak. 35km 4h58

6 baleines et des dauphins sont annoncés dans l'une des plus belles  baies du monde. Les bateaux sont alignés dans l'ordre des dossards. 500m de course à pied avant la prise des bateaux. C'est enfin le moment du départ. Chaque équipe dispose d'un kayak de qualité et d'une péniche où l'on peut éventuellement pagayer à 3. Nous avons opté pour la stratégie de deux par bateaux avec nos hommes forts Romu et Nico sur la péniche...Ca part à fond, l'entrée dans l'eau est olé olé mais on s'en sort sans casse.
De suite les grosses machines suédoises néozelandaises et australiennes s'envolent. Nous sommes dans un 3ème groupe avec notamment Columbia.  On tente au maximum de prendre la vague d'une péniche pour souffler un peu. 6 balises sont disposées un peu partout autour dans la baie. On pagaie à fond, on relance, on s'éclate sur cette première section de toute beauté. Certains aller retour aux balises nous permettent de voir les équipes à l'avant et le rythme est soutenu c'est le moins qu'on puisse dire. Audrey reçoit ses premières doses d'endorphin et elle se dit alors que c'est bon le sport:) Nous bouclons cette section en 5h à seulement 30mn des premiers sans avoir vu de baleines, dommage... mais que c'était beau!

Jeudi 10 novembre: section 2 trek costering 14km 1h54
Après une transition express, nous nous élançons sur la collingwood beach  en courant... magnifique. On double des équipes, c'est l'avantage de partir en bateau!!!! Nous alternons les passages rocheux et sableux. C'est le top, Un bout de route pour finir, le temps de voir les Anglais de Godzone nous doubler. On pense être dans les 15 à ce moment là. C'est très bien!

Jeudi 10 novembre: section 3 kayak 13km 1h54. 
j'ai mal réglé les cales pieds sur le kayak et je peine à le diriger... Les Estoniens et les les Columbia nous doublent. On garde un bon rythme malgré tout et l'on regarde avec plaisi
r notre pagaie plonger dans les planctons phosphorescents.On boucle cette petite section en 2h environ

Nuit de jeudi à Vendredi 11 novembre: section 4 vtt 95km 8h08
Direction les terres de cette région du Shoalhaven. Nous nous élançons en compagnie des suédois de Sweco. On peine à les suivre... mais l'essentiel est de bien rentrer dans la carte car l'orientation sur cette partie de raid parait délicate... Notre rythme est régulier et on reprend Sweco ainsi que leurs camarades Thule qui semblent complètement déboussolés:) Nous faisons un choix différents du leur entre CP7 et CP8. A l'approche du poste, une rampe à plus de 20 pourcent sur plusieurs kms nous met dans le rouge mais nous retrouvons 4 équipes à ce moment là et cela nous met en appétit! D'autant que la suite du programme est ultra technique, single avec marches, portages de fou dans des falaises... C'est ça le raid aventure! Et ça nous on aime contrairement aux équipes que l'on rattrape et qui peine à franchir les obstacles. On retrouve un bon paquet d'équipe regroupée dont les Columbia, les Suédois, des Australiens. On roule un peu avec eux et on attaque comme nous l'a dit thomas Gaudion! A fond en relance, on se fait le plaisir de lâcher tout le monde, on reprend les Estoniens et même Merrel sur la fin. On est Chaud Patate, on ne le sait pas mais on vient de faire le meilleur temps de la section!!!!! On est en avance sur nos plans et déjà dans le top 10.

Vendredi 11 novembre matin: section 5 trek costering et forêts 38km 7h11 
Nous quittons la transition au moment ou Columbia arrive, on sourit eux moins...
on traverse le bourg de Kioloa où l'on croise plus de Kangourous que d'hommes. Ils traversent devant nous, les petits se réfugient dans la poche de leur maman. Nul doute, on est en Australie!!!!
Rochers et plages à nouveau au programme... c'est beau au lever du soleil.  Des dauphins font leur apparition, on escalade, on court, c'est le bonheur... Quel chance!

On sème Merrel puis on fait un bout de chemin avec une équipe Néozelandaise (Torpédo je crois). On traverse une petite baie quasi à la nage. Enfin au sud de Durras, on quitte le costering pour entrer dans les terres après avoir pris soin de nos pieds. Un premier poste bien compliqué nous pose problème mais on se recale vite pour l'attaquer par le nord, choix du poseur certainement dans cette zone car mettre un poste par là c'est osé! Le Cp 18 passe sans soucis, reste à courir un peu sur les routes pour en terminer avec cette magnifique section à Cullendulla.

Vendredi 11 novembre après midi, section 6, kayak. 35km 5h30
3ème section kayak sur 6, ça commence à tirer sur les bras. Capitaine Nico nous motive en nous imposant des périodes de 15min où l'on pagaie sans manger ou boire pour garder du rythme ... Le vent nous pousse, on commence à chanter! On rie avec Audrey car Nico et Romu connaissent les mêmes chansons, les même grands classiques. Cette Clyde River que l'on remonte est infestée de méduses XXL. Sacré spectacle. On prend nos premiers café Naturex et Audrey en abuse... Son ventre n'apprécie guère! On voit notre premier wombat (famille des marsupiaux)sur le bord également. Les Swedish armed qu'on avait rattrapé nous sème sur la fin où l'on coince un peu. Nous décidons de garder notre plan de départ et de dormir à la fin de cette section même s'il ne fait pas encore nuit. Arrêt de 1h30. De nombreuses équipes arrivent et repartent, c'est le jeu!

Vendredi 11 novembre, soirée, section 7 vtt 58km 9h04
L'on repart pas comme on le souhaitait, Audrey a des aigreurs d'estomac très désagréables. Elle se soigne, on la tracte dans les côtes. J'en suis déconcentré et je fait une erreur en ratant un chemin à gauche. Je tarde à contrôler ma boussole. Un aller retour de 4km en punition. on retrouve du coup des équipes qui n'ont pas dormi dont les Tecnu de Benjamin Midena qui ont sans doute pris un départ prudent. On récupère quelques équipes malgré notre rythme moins soutenu que lors du premier vtt. On double Merrel mais d'autres sudafs, les Painted Wolfs vainqueur de l'expedition Africa en mai,  nous doublent  sur  un gigantesque poussage. On s'accroche. La pluie se met à tomber, Romu lui manque de tomber en s'endormant. On gère bien la fin de section que l'on achève en fin de nuit. On a le plaisir de croiser à pied les 5 équipes de tête qui partent sur le trek géant suivant. Une bonne heure de retard sur la tête de course à ce moment du raid, c'est insignifiant. On est dans la course plus que jamais. Les Wolfs n'ont pas dormi jusque là et ils s'installent à coté des forces armées suédoises pendant que nous nous préparons pour la suite.

Samedi 12 novembre, matin, section 8, trek 45km 16h03
Toujours sous la pluie, on s'élance plus motivé que jamais en s'alimentant. J'accroche la miss et Nico bouste le Romu pas très réveillé encore... On est 6 ou 7ème. On grimpe en direction des Byangee Walls sur un sentier et puis on le perd et on ne trouve pas la trâce indiquée sur la carte... Alors on y va à l'azimut en bartassant plus qu'il n'en faut...1h plus tard, on trouve enfin le sentier qui doit nous amener au col du CP28. Le jour s'est levé et le spectacle est grandiose. Nous baignions dans un décor de fou. Une forêt dense et primaire, des falaises très Australiennes rouges grises. Le terrain est technique et on se régale durant de longue heures.
L'orientation est délicate car le sentier carté n'est pas tout à fait en adéquation avec le sentier existant... On assure bien avec Romu et on reprend les Estoniens vers le Mount Tarn. On se dit qu'on a encore un long chemin   et on se pose près d'une cascade pour une petite sieste... Au bout de 5min dévorés par les sangsues, nous repartons. Nouvel essai plus loin, au bout de 10min, dévorés cette fois par les moustiques nous repartons au moment ou les Wolfs nous reprennent.
Une équipe Australienne revient aussi à l'attaque du poste 29. Audrey en a assez de l'élastique et elle me le fait savoir... On prend un rythme plus tranquille pour finir cette section. On tente de trottiner sur cette fin de section mais c'est difficile. Toutes les équipes semblent dans le dur... On perd la piste un moment, on la retrouve et on tente une nouvelle sieste. Allongés depuis 10min, c'est cette fois un serpent marron qui me percute les pieds, je me lève en sursaut pour le regarder passer tranquillement devant mes pieds nues... On se décale de 10m sur la piste pour finir la sieste, enfin je n'arrive plus vraiment à fermer les yeux!!! Voilà comment perdre 45 min sur des siestes sans sommeil en une section!!!  Vilaines bêtes:)
On se relance comme on peut avec de nouvelles douleurs au pieds et on achève cette section en soirée. Journée inoubliable de raid aventure...


Samedi 12 novembre, soirée, section 9 vtt route 70km 4h15
On repart 6ème ex aequo avec les Wolfs, on fait mieux connaissance. Ils sont sympas et on roule à 8 plus ou moins régulièrement sur des routes infinies... Cette section de liaison sans intérêt passe vite. On arrive en fin de soirée sur le lieu de la spéléologie.

Nuit de samedi à Dimanche 13 novembre, section 10 spéléologie, 5h temps bloqué
Là une bonne discussion anime notre équipe sur la stratégie à adopter, dormir avant ou après la spéléo, et même pendant... On décide finalement de partir sur la spéléo et de tenter de la faire en moins de 5h pour gagner du sommeil gratuit... La carte qu'on nous donne est un casse tête sans légende, on ne comprend rien et les équipes autour de nous non plus... On doit trouver 5 avens et ensuite les explorer pour trouver la balise placée à l'intérieur. On trouve la 1ère facilement et Romu nous montre raidement sa très bonne lecture des plans spéléo. Et puis le plus dure commence, on zone pendant au moins 1h sans comprendre et sans rien trouver. on a envie de piétiner la carte. Une nouvelle rencontre avec les Wolfs sudafs nous remet la tête à l'endroit. On enchaine ensuite les 4 grottes manquantes parfois avec nos nouveaux amis qui sont bien contents d'avoir Romu en expert avec eux... Le temps de déplacement entre chaque aven est long et on y passe du temps. 2  avens ont des passages d'une très grande  étroitesse. Claustrophobe et obèse s'abstenir...
On en termine en plus de 5h et c'est raté pour le sommeil gratuit! On reste dans notre décision de dormir 1h30, on s'installe dans une tente de l'organisation. Au réveil,  on croise alors les DSN74 Hoka qui finissent leur spéléo. Nos amis très bien chaussés:) sont en forme et flirte avec le top 10.

Dimanche 13 novembre, section 11 packraft 44km 
On part donc le matin tôt pour la deuxième section d'anthologie du raid. On emprunte un sentier balisé. Audrey peine un peu et plutôt que de la tracter, Romu prend l'intégralité de son sac en plus du sien. Nos sacs sont alors très lourds car on porte les deux bateaux gonflables, les gilets, les pagaies en plus du reste... Romu est en forme olympique, et il gagne son surnom de "golgot" de l'équipe.
On rattrape l'équipe Australienne qui fait le choix d'un aller retour avec dénivelé alors que nous décidons de suivre la logique de l'organisateur, c'est à dire d'emprunter un grand canyon pour nous mener à la rivière navigable. Le spectacle est grandiose, phénoménal... On marche dans du sable, on escalade de gros blocs, on saute de bloc en bloc. C'est très technique et notre Golgot fait cela lesté de 15kg sur le dos avec une facilité impressionnante...  Les falaises autour de nous font plusieurs centaines de mètres. Moment magique. Nico fait la connaissance d'un beau serpent.
On récupère les Estoniens une nouvelle fois à l'arrivée sur la rivière Shoalhaven. On prépare au plus vite nos mini rafts et on s'élance 5min derrière nos nouveaux amis:) La rivière est belle, Certains passages se font à pied mais on est à l'aise, plus à l'aise que les nordistes. On enchaîne une quarantaine de rapide.
Nico et Romu nous montre tout leur savoir faire et navigue comme des dieux de l'eau. On croise Adrien d'Endorphin sur le  bord  au milieu de nul part! Le vent est dans le dos et il est si puissant qu'il suffit presque de lever les pales de la pagaie pour avancer tel un cerf volant! On fait des minis siestes à tour de rôle lorsque les rapides cessent. Quelle belle section. Les sections Packraft, on adore, c'est du raid aventure par excellence. Tu marches, tu navigues comme bon te semble dans des terrains vierges...
Il est 18h quand on en termine avec cette section en 5ème position! Il fait froid avec le vent et on effectue une transition rapide. Pendant ce temps là, les Estoniens arrivent ainsi que les deux équipes Australiennes... Quel bagarre!

Dimanche 13 novembre, section 12 kayak  56km 9h52 
il est 18h45 lorsqu'on s'élance pour la grosse bavante du raid... Quelques rapides au début nous permettent de faire des kms avant la tombée de la nuit. Le kayak surfski est rapide mais il présente le désavantage de ne pas être autovideur. Je ne vous explique pas la désagréable sensation de pagayer dans une baignoire toute une nuit par de fraîches températures. On largue les Estoniens dans les rapides et on ne reverra personne de la nuit.
On tente à un moment de passer à 3 dans la péniche mais elle s'avère alors trop lourde dans les passages techniques et Romu manque de passer à l'eau. Le ciel est dégagé et un nouveau soleil se lève nous semble t-il tant la lune est grosse et lumineuse. Nous apprendrons plus tard que c'est le phénomène du siècle avec une lune 15% plus grosse et 30% plus lumineuse. Mais bon cela ne suffit pas à nous maintenir éveillé. On sombre à tout de rôle et on finit par effectuer une rotation pour dormir à tout de rôle à l'avant de la péniche pendant que le surfski tracte...Heureusement que nos deux chanteurs s'associent. Tout leur répertoire y passe. On arrive tant bien que mal à boucler cette section mémorable aussi! Ouf. Les Wolfs, 4èmes dorment, les Columbia 3èmes sont déjà repartis... Nous décidons de dormirent 1h.

Lundi 14 novembre, section 13, vtt 99km 9h27
Nous nous réveillons de notre 3eme et dernier repos . Le jour se lève et on va pour une fois faire du vélo de jour.... nous repartons 5ème sans savoir quand sont partis nos amis sudaf de Painted Wolf. On est à l'attaque et on roule comme si c'était une première section. On tient à ce top 5 et on sait les australiens et estoniens en chasse... Audrey est dans ma roue, Romu peine à croire au rythme que l'on prend. On enchaîne bien, une immense rampe se dresse devant nous et j'aperçois une équipe ... Nico accroche la miss, et on revient et on les double devant leur regards médusés. Et puis ils reviennent et on entame alors à nouveau une danse à deux sur de longs kms.
Romu leur offre quelques noix de cajou mais on tombe dans un faux rythme et sous l'impulsion de notre capitaine Nico quelque peu énervé, on attaque à nouveau,les sudafs lâchent et un passant sur la route nous annonce les Columbia à 10 min. ... on se pince pour y croire et on attaque encore plus. On arrive au poste 43, les "espagnols américanisés" sont là mais pas la balise.... Ils s'en vont, on ne sait pas s'ils ont trouvé la toile, on cherche avec les sudaf longtemps et puis on finit par quitter le lieu en étant sur de nous et de l'absence de la balise. Par contre cet incident de course nous prive d'une possible 3ème place... on repart fort pour lâcher à nouveau les sudaf car on les sent en difficulté.
On est moins fringuant, Nico pour la première fois de sa carrière de raid crève, on répare avant le retour des Mandela. Et puis une petite heure plus tard on atteint la fin de cette section. L'organisation nous apprend alors qu'on doit purger une pénalité de 30 min pour dossard non visible sur le packraft! On s'installe dans le sas d'attente, les sudafs arrivent 25mn après nous et eux aussi doivent purger une pénalité de 30mn...

Lundi 14 novembre, section 14, trek costering 18km 3h29
Il nous reste 3h de costering et on pense acquise cette 4ème place, ce qui nous comble de bonheur. Nos pieds sont douloureux et on court doucement sur une magnifique plage très ventée, on croise Adrien qui nous prend en photo et Heidi et Stephan les arbitres sudafricains une fois puis deux... On leur chante la chanson qui nous a fait tenir toute la nuit sur notre kayak" Asibonanga de J. Clegg",
Et puis plus tard, à 2km de la ligne d'arrivée je jette un œil derrière+ moi coté plage et j'hallucine en voyant les Wolfs arrivés en courant à 15km/h sur la plage. Comme par magie nos pieds ne nous font plus souffrir, on court à fond et s'engage alors un mano à mano incroyable. On grimpe des escaliers, on relance, on se double les uns les autres, on doit aussi trouver deux dernières balises.... Notre cardio monte à fréquence maxi comme sur un 2000m piste. Romu est déchaîné, il tracte audrey, la ramène devant puis va chercher Nico et fait de même puis pointe les balises mais notre "golgot" du raid ne peut tout faire à lui tout seul, si seulement thomas Gaudion pouvait rentrer dans mon corps maintenant comme par magie... A 300m de la ligne, on renonce devant plus fort que nous à ce jeu là, on se regroupe et on franchit la ligne un poil désappointé au bout de 100h et 26mn, comment avons nous pu laisser échapper cette place méritée de 4ème... Très vite on reprend le dessus. 5ème sur le plus gros raid de l'histoire, sur un parcours physique peu à notre avantage, c'est tout simplement grandiose.

On est fier de nous, heureux de vous avoir fait vibrer derrière vos écrans à l'autre bout de la planète. Heureux des paysages traversés et d'avoir vécu quelques sections de raid de toute beauté au milieu des kangourous, serpents, dauphins et autres... Nous étions prêts, soudés, compétitifs sur toutes les disciplines et promis la prochaine fois on ne relâche qu'après la ligne...




Un grand merci à nos partenaires:
Naturex
400team Raid
Squirtlube France
Mt Ventoux
Cycle Louison Beaumes de Venise
Marie Blachère
BNP Paribas
Rex Rotary
Brink's


Monday, September 12, 2016

                   Raid in France 2016: Des Pyrénées à la Mer 
 
Après quelques jours de récupération, une fois de plus on peut le dire, le raid Aventure c'est FANTASTIQUE! Que d'émotions vécues  et de paysages parcourus cette semaine...  
Notre sport est à l'opposé de l'évolution actuelle de notre société: Repli sur soi, individualisme, peur de l'autre et de sa différence...
En raid nous nous servons et nous nous appuyons sur l'autre, nous aidons le plus faible, nous pensons au collectif avant de penser à notre petite personne... Et le bonheur au bout du chemin n'est que plus grand. Retour sur cette immense aventure  de 4 équipiers soudés et unis à jamais!

Section 1: Trek, 75km, Du Carlit au pays de Sault
 
Après une longue journée de préparation toujours très préoccupante, nous sommes  prêts pour le départ à 0h00 de Raid in France 2016. Après une course d'orientation  dans la station et sur les hauteurs de Font-Romeu bien menée par Colo,  nous nous élançons  enfin dans les montagnes en direction du pic Carlit. A la prise de carte, je prends peur, la taille des symboles sur la 1/50000 me parait minuscule, ma vue a t elle tant baissé en un an? 
Petit à petit nous remontons quelques équipes plus rapide que nous lors du prologue. Les Polonais nous surprennent en adoptant un rythme très rapide. Au loin des frontales,  Seagate certainement déjà parti devant. L'ambiance de ce début de course est extraordinaire: un beau ciel,  un début de tracé sauvage  et des frontales partout dans la montagne. Nous continuons notre progression à un très bon rythme hors sentier avec quelques passages très chaotiques.  Nous pointons le CP 3 en troisième position  et entamons  l'ascension du Pic Carlit. Chris Forne  l'orienteur de Seagate commence son festival  en évitant le Pic et en choisissant de couper par un col plus au sud. Nous préférons le choix plus sûre de passer au sommet avant de plonger sur le CP4. Cap Opale nous accompagnent en chasse quelques minutes derrière les Néo-Zélandais. Ce début de course est idéal et confirme notre bonne forme. Audrey marche avec le sourire...La progression ensuite vers le refuge d'en Beys est difficile,  nous passons de blocs en bloc et prenons soin de ne pas abîmer nos quadriceps. Malgré tout notre rythme est rapide et nous rejoignons les Néo-Zélandais au refuge une première fois. On est tout excité et eux sont plutôt surpris... Nous faisons un bout de descente ensemble puis ils décident de courir pour nous semer, la récréation est terminée!!!! 
 
Nous restons malgré tout à une distance visuelle, le jour se lève,  les paysages sont magnifiques et nous entamons une nouvelle montée sèche vers le pic de Canras. Les jeunes de Cap Opale fléchissent quelque peu et nous nous retrouvons seul en deuxième position. Arrivée sur une crête nous décidons de suivre le choix des Néo-Zélandais en redescendant au nord  et en évitant la crête. Cela nous permet de rejoindre des sentiers et des pistes très roulantes et de nous alimenter en direction du CP6.  Le Wingel et le Pompote Naturex sont très appréciés dans la chaleur!
Après la vérification de matériel les choses se compliquent pour nous, nous ne comprenons pas le relief et avec Colo notre liaison carte terrain est très difficile. Pour cause, on s'est décalé à l'est, ce qui nous oblige à couper pour rejoindre la piste qui nous mène à la balise suivante. Plus de peur que de mal... On a plus d'eau et cela devient difficile. On s'efforce de courir dans les descentes afin de rejoindre au plus vite le premier village. À l'approche de ce dernier et afin d' éviter une route interdite nous traversons une première zone très piquante... On fait le plein d'eau et entamons une nouvelle ascension. Tom  a du  mal à s'hydrater et souffre de la chaleur.  Nous rejoignons malgré tout un autre village où un habitant nous offre du sirop à volonté avec des glaçons bien appréciés. 
Nous approchons de la fin de l'après-midi et de la fin de cette section. Nous croisons Pascal le directeur de course qui remplace une balise volée!  La dernière descente  sur le CP7 est quelque peu délicate en navigation. Après une petite hésitation nous trouvons une piste qui nous mène directement à l'arrivée de cette section.
 
 Les bénévoles nous annonce premier. Colo dit alors: premier français? non non premiers. Nous venons de doubler les néo-Zélandais sans nous en rendre compte et cela nous donne un gros moral. Ces derniers arrivent 15 minutes plus tard et ils ne semblent pas très heureux de nous voir déjà là!!! Hélas pour nous nous, une Darkzone est en place avant la section rafting. Nous allons donc pouvoir dormir 8 à 9h et bien nous alimenter. Comme dit Nathan le capitaine Néo Zed, c'est les vacances...Colo et Tom dorment dans la tente, Audrey et moi héritons de la belle étoile. Questions de personnalités!  Le réveil sonne à 5h15 et nous nous préparons tranquillement pour rejoindre le départ du Raft qui sera donné à 7h en même temps que le lâché d'eau.

 Section 2: Raft, 13km, Haute vallée de l'Aude
 
Les équipes sont lancées dans l'ordre du classement toutes les cinq minutes. Ce qui n'est pas du tout à notre avantage compte tenu de la belle section réalisée la veille. Une section raft en autonomie sur Raid in France est toujours un grand moment chargé d'adrénaline. Nous décidons de barrer à deux avec Tom. Le début est tranquille et le niveau d'eau parfois  juste,  nous nous posons sur certains cailloux. Nous croisons Thérèse Lhermet, notre supportrice numéro 1 sur le bord!  La dernière partie dans les gorges de St George est sensationnelle. On enchaîne les passages très manœuvriers et on se débrouille plutôt bien. C'est fun et rafraîchissant. On termine cette section deux minutes devant les Néo-Zélandais. Après une transition express nous nous élançons sur un VTT très très long qui doit nous ramener vers Font-Romeu dans les montagnes.


 Section 3: VTT, 100km, Autour du Madrès

Pour nous mettre dans le bain de cette section, nous débutons par une longue ascension sur piste avec des passages bien raides! Notre rythme est bon, avec Colo on aide un peu Audrey afin de la préserver. Les Seagate  mettent plus de deux heures pour nous reprendre, c'est bon signe... Nous faisons un bout de route avec eux puis faisons un choix différent pour rejoindre le village de Counozouls avant B7. Notre choix n'est pas le meilleur et avec le vélo sur le dos nous coupons droit dans la pente dans une chaleur terrible! Tom retrouve au bout de 45 minutes environ le sentier. Nous nous rafraîchissons au village et estimons notre perte de temps à environ 15 minutes dans l'affaire. La lecture de carte et le réseau de piste est bien difficile après B7. On limite la casse en se recalant rapidement mais Colo et Tom souffre vraiment de la chaleur. On ralenti. Nous faisons une pause de cinq minutes à CP 10 pour manger auprès de bénévoles toujours aussi sympathiques.
Nous enchaînons ensuite plusieurs cols à un rythme plus rapide.  La fin de l'après-midi approche et la température baisse. Nous trouvons par magie quelques boissons fraîches au refuge du col del Torn. Après une journée de pistes et de longues ascensions bien difficiles mentalement,  nous allons enfin trouver sur notre route de beaux sentiers. La crète puis la descente au-dessus de Thuès entre Valls est fantastique. Un enchaînement d'épingles et de passages très techniques nous régalent en ce coucher de soleil. Il est environ 20 heures  ce lundi à notre arrivée à l'AT4 une petite heure après Seagate. Colo a subitement un coup de moins bien. La chaleur de la journée l'a atteint et cela ressemble à un coup de chaud. Malgré tout nous repartons pendant qu'il fait encore un peu jours sur le deuxième trek dit des gorges de la Carança.


 Section 4: Trek, 37km, Hautes altitudes Pyrénéennes

Nous aidons Colo en l'accrochant et montons à un bon rythme. Les gorges sont équipées de passerelles et de nuit l'ambiance est magique! L'objectif est d'atteindre le refuge de la Carança pour dormir deux heures. Vers minuit nous y arrivons et  Seagate est là en train de dormir. Le refuge est  plein et impossible de trouver un matelas disponible. Nous dormons au chaud sur des petits tapis trouvés là. 



A notre réveil, l'équipe Raidaventure de Fanny arrive pour dormir et les Néo-Zélandais s'apprête à repartir. Ainsi nous allons faire un bout de chemin ensemble à nouveau:) 
Leur rythme est légèrement plus rapide. Colo est toujours en difficulté mais nous avançons régulièrement. Cris Forne l'orienteur de Seagate fait un choix de nuit improbable pour rejoindre le pic de la Fosse du Géant. Nous choisissons nous la sécurité en passant par les lacs et le col de Nou Creu. Le vent est tempétueux et l'ambiance haute  montagne!!!  Habillés de nos goretex,  nous entamons la crête à 2800 m d'altitude. Dans le noir et cette ambiance hostile où l'on pose parfois les mains pour rester debout, je perds ma concentration et me trompe de crête pour descendre sur B 11. Heureusement je m'en aperçois assez vite et nous limitons la perte de temps à une petite demi-heure après ce passage en Espagne! On se recale et trouvons enfin la cabane qui fait office de balise. Nous entamons la descente sur un bon rythme et le soleil se lève enfin pour nous offrir des paysages grandioses. 
 
Quelle chance d'être là et d'observer ces levers de soleil aux couleurs si douces. Notre moral est bon et après le refuge de l'Orri, une bonne grimpette fait mal aux jambes avant d'atteindre B12. La descente suivante est bien raide. Nous coupons à travers bois les champs et campement des sources de Saint-Thomas pour rejoindre assez facilement à notre grande satisfaction le sentier balisé en contre eau de la rivière la Tet. Il commence à nouveau à faire chaud. Nous atteignons l'AT5 en fin de matinée. Les Néo-Zélandais ont 1h d'avance soit pas plus qu'au départ de cette section. On rivalise avec eux sur les sections trek et c'est déjà une victoire pour nous! Nous prenons le temps à tort de nous ravitailler alors que nous aurions pu le faire dans le temps neutralisé de la section VTT suivante... On est tellement content à chaque fois de retrouver l'orga et les bénévoles qu'on en perd en efficacité!!! Mais bon le partage c'est essentiel aussi et on est comme ça...


Section 5: VTT, 60km, des forêts de Fenouillet à l'Agly


Nous mettons ensuite 1h30 au lieu des 2h30 pour rejoindre le CP15 et la reprise de la course. Nous gagnons ainsi une heure de sommeil et cela n'est pas négligeable... Il est 14h30 ce mardi lorsque nous nous lançons pour un long chemin de croix... Il fait 50° sous les casques et nous poussons nos VTT sur des montées impossibles. Nous nous efforçons d'aller le plus doucement possible mais malgré tout Colo ne peux gérer sa montée de température et un nouveau coup de chaud lui tend les bras. Nous mettons déjà beaucoup de temps pour atteindre le CP 16 puis à nouveau après le village de Mossé, une ascension interminable où je l'aide le plus que je peux notre dijonnais en difficulté.Audrey et Tom l'encouragent de la voix. Je lui rappèle qu'il y a deux ans en Equateur, Adrien n'avait rien mangé durant 5 jours et qu'il n'avait jamais été aussi en forme!!! Cela le détend un peu...  Le CP17 du Col de Tulla sonne la fin du Grand dénivelé de cette section. Le soir et la fraîcheur sont de retour pour la traversée des gorges de la Tulla. 
 
Je force Colo à manger davantage de Pompote. Une heure plus tard à B 15, Colo vomit un jet rouge des plus spectaculaire sur son vélo. Il se vide de l'eau et des quelques aliments de la journée...  30 secondes de récupération et c'est reparti!!!!!  Direction la fin de cette section. Sauf que les galères s'enchainent, chaîne coincée pour Tom, B16 bien difficile à trouver... Enfin l'AT6 vers 23h où nous décidons de prendre 2h de repos obligatoire. Colo s'endort de suite alors que nous trois prenons le temps de manger. Les Néozed sont très loin mais nous pensons avant tout à nous en ce moment difficile. 


Section 6: canyon-spéléo-trek-cordes, 15km, Des Gorges de Galamus au chateau de Peyrepertuse


Après avoir mangé une demi banane, Colo se remet en route. Un petit café Naturex pour nous, la combinaison néoprène enfilée, nous partons dans les gorges du Galamus. Le bonheur est immédiat car nous devons nager sur parfois 200m dans des vasques très agréables. on nage sur le dos avec le sac en guise de bouée. On se régale, notre corps se refroidit! Tom est très à l'aise et nous donne le tempo. Au bout de 45 minutes on est déjà en route vers la spéléo. On presse un peu les bénévoles car les spéléologues dorment et nous font perdre du temps! La suite est tout aussi ludique, on descend dans le gouffre en rappel, puis se succèdent des passages très très étroits, des remontées sur corde à la poignée, des passages en cordes fixes. 
En route pour le trek, nous traversons de nuit l'Ermitage St Antoine où nos amis d'Arverne profiterons du glacier plus tard de jour:) On est très chargé puisque qu'on doit porter les combinaisons et le matériel de corde... On grimpe le très raide Pech d'Auroux à un bon rythme. On est en forme et on ne traine pas en route!!!Après avoir déposé le néoprène à CP21, on attaque la partie sauvage de cette section. L'orga a cairné et débrousaillé dans un premier temps pour passer le Roc de Sagnes (quel boulot!). Nous pointons B19 et l'aventure commence... On doit suivre une trace de chasseur et de nuit c'est chaud... Il faut du flair... Après une brève hésitation Sud Nord, on décide de garder le cap plein Ouest. Plein phare, on finit par garder la trace. Quelle ambiance de nuit! Petit rappel pour nous d'une autre jungle plus humide du Brésil qui avait eu raison de nous... Cette fois on sort victorieux au levé du soleil. De la rubalise nous guide vers l'atelier de corde... Au loin un cable dans le vide... Une tyrolienne magistrale nous attend. Ils sont fous les guides du RIF!!!!! Ou plutôt géniaux tant cela va être fun.
On rejoint donc le château de Peyrepertuse par cette tyrolienne. Tom passe sans encombre mais se fait peur sur la via suivante en voyant Audrey tournoyer sur la tyro après avoir touché l'arbre du début. Elle finit à la main les quelques mètres manquants...L'artiste! On pointe la balise du chateau Cathare et descendons pleine balle jusqu'au village de Roufiac des Corbière où une nouvelle immense surprise nous attend: les Néo Zed de Seagate sont encore là à se préparer... Ils ne semblent pas aussi heureux que nous de cette rencontre! Nous sommes mercredi matin et donc après quelques 80h de course, nous sommes toujours au contact des champions du monde. La classe! On imagine nos amis en train de suivre le tracker au réveil... Leur journée au boulot va être hachée... 


Section 7: VTT, 17km,autour de Mouthoumet


Le ventre bien plein, on repart le moral au beau fixe 20 minutes après les blacks. Un bon poussage matinal pour débuter. Colo va bien ainsi que le reste de l'équipe. Le médicament kiwi a bien fonctionné!!! Cette section est simple et nous mettons environ 2h pour la réaliser. 





 Section 8: trek-canyon-cordes, 6km, Termes, son château et son Canyon
 
les Bénévoles nous précisent qu'on a quelques peu excité Seagate et qu'ils ont appuyé sur l'accélérateur... On reste dans notre course, on sait de toute façon qu'on a deux heures  de sommeil à prendre de plus qu'eux et que la dernière section de kayak est à leur avantage... On mange rapidement et on repart dans un ruisseau chaotique pour pointer B22 puis rapidement on sort du lit pour rejoindre via sentier et piste le château. 2 beaux rappels nous amènent ensuite dans le canyon. Superbe ambiance nature. Le canyon est court et très froid!!!! Un toboggan nous plonge dans une vasque glacée ou l'on prend soin de prendre de l'eau. Pour une fois qu'on a froid le jour, on va pas se plaindre!!!! C'est déjà fini, dommage...

 Section 9: VTT, 40km, A travers les Corbières


Nous craignions à nouveau la chaleur pour cette section mais grâce au canyon, cela passe bien. Tout le monde est bien en forme et on adopte un très bon rythme tout en évitant l'erreur de navigation. on passe quelques belles bosses sur le vélo signe de notre retour en forme à Vtt! Un dernier poussage après Camplong d'Aude nous rappelle qu'on est bien sur Raid in France:) On doit plonger ensuite sur B27 et on se fait peur car il nous faut bien 30 minutes pour explorer la zone et la trouver! La carte est bien fausse à cet endroit. Audrey en profite pour manger du raisin tranquillement pendant que notre cerveau chauffe!!!! Reste ensuite à pointer B28 et rejoindre Puichéric pour le départ du kayak final! Il est 19h ce mercredi soir. 













 Section 10: Kayak, 69km, jusqu'à l'embouchure de l'Aude
 
On décide de couper la section en deux et de prendre nos dernières 2h de sommeil plus tard à un cp sur l'eau. On ne sait pas à combien de temps sont les 3èmes et cela nous inquiète. Les bénévoles refusent de nous le dire... On débute cette section avec quelques rapides tout doux... Il n'y a pas beaucoup d'eau et on se pose parfois, souvent... Tout va bien jusqu'au CP30 atteint vers 22h, on décide de prolonger jusqu'au CP31 15km plus loin avant de dormir... Le début de l'enfer, le sommeil nous atteint tous... Colo rentre dans un monde parallèle et à le don de nous tenir éveillés. Il ne cesse de parler, de chanter, il part de temps en temps à l'abordage de l'autre kayak en pagayant comme un fou... Moment difficile mais inoubliable tant l'univers de ce bonhomme est riche! A minuit nous atteignons enfin le CP31, lieu de notre sommeil tant mérité. Enroulé dans notre couverture de survie, nous dormons comme des bébés!  On repart à 2h et cela se passe très bien jusqu'à 5h30 où à nouveau le sommeil nous gagne. Colo manque de s'endormir et de tomber à l'eau. On va dormir alors à tour de rôle 30 minutes tout en continuant à avancer. Les odeurs de l'Aude ne sont pas toujours très agréables... On est bien content d'être de nuit à ce niveau là. Ce n'est pas une rivière qui fait rêver dans le coin... Vers 7h du matin nous rejoignons le dernier CP33 que Seagate a quitté il y a 1h après avoir été bloqué en raison d'une mauvaise mer. Il nous reste 5km de mer à faire pour rejoindre St Pierre la Mer terme de cette aventure. Pas de vent et une petite houle nous permettent d'avancer très vite. Un maillot vert Naturex agite les bras, Nico Moreau est là et on l'aurait parié tant ce bonhomme a l'esprit d'équipe et vibre avec nous... L'arrivée est belle, une dernière balise au sommet d'une dune, on s'enlace entre nous... puis je sors du sac kayak le drapeau tricolore, on court entrainant nos bateau derrière nous. Nous sommes 2ème de ce raid in France 2016, mais c'est une victoire pour nous d'être si proche de Seagate...

 

Raid in Fance is magic!
My team is magic!
Our sport is magic!

Merci les bénévoles et organisateurs qui passent tant de temps pour nous les coureurs
Un immense merci à la société Naturex qui nous soutient financièrement, nous fait confiance et  développe des produits alimentaires juste pour nous.
Merci aux dirigeants de  la FRNM qui oeuvrent  tant pour le développement de notre sport, vous pouvez comptez sur notre soutien total dans les années à venir...
Merci Squirt pour son aide récente.

Vive l'association 400team Raid nature!
 


Thursday, December 03, 2015

film ARWC Pantanal 2015

Paysages grandioses, faune flore...

https://youtu.be/rkwiKx62_X8

Saturday, November 28, 2015

ARWC Pantanal 2015, into the wild...

Le Pantanal, vous connaissez? Cette région sauvage à l'ouest du Brésil du coté de la frontière Bolivienne. Des lacs, des rivières, des forêts vierges, des marais, un peu de relief autour, une densité de population des plus faibles au monde, une faune par contre très importante et variée.
Voici donc le théâtre des championnats du monde de raid 2015. 32 équipes dont les meilleures  et nous 400team Raidlight Naturex avec Nico Moreau, Audrey Ehanno, Tom Gaudion et Seb Raichon. 700kms annoncés avec beaucoup de kayak/packraft et de trek puis du vtt en fin de raid.
Après 3 jours de préparation sur place où nous gérons surtout l'absence de nos caisses vtt (Merci au formidable José Pires, The bénévole de l'ARWS), nous quittons Corumba en bateau militaire pour rejoindre le départ qui se situe sur la rivière Paraguay à 10h de route ou plutôt de rivière. La nuit sur le bateau est des plus originale, 30 couchettes dans une salle sans fenêtre de 15m2! On a reçu les cartes lors du breefing et l'on trace notre itinéraire sur ces grandes cartes au 100000..., on découpe, on plastifie. Nous arrivons dans un petit village le samedi matin 14 novembre au lever du jour. Il y a un projet social avec une école qui regroupe les enfants de la région. Nous faisons la visite et offrons des livres aux jeunes. La chaleur est écrasante, 35° à l'ombre voire plus... A 13h nous embarquons sur le Paraguay pour une première section de 55 km environ   à contre courant!

Section 1: Kayak 55 km dans un four... 
 Ce départ en ligne en kayak est magnifique, nous partons vite surtout Nico et Audrey!!! On lutte avec Tom pour les reprendre. Très vite on s'aperçoit que notre intense entrainement kayak des dernières semaines  a porté ses fruits. On est avec les meilleurs ou pas loin. Nico se donne sans compter et nous faisons des ablutions rafraichissantes régulièrement pour abaisser notre température corporel. Nous avons opté pour les tenues déserts blanches de Raidlight et cela semble dès le début être un excellent choix! Nous passons une bonne partie de l'après midi avec les Espagnols, puis seuls, nous attaquons une partie de navigation plus intéressante et sauvage pour rejoindre un grand lac. Nous apercevons nos premiers crocodiles, nous atteignons le grand lac à la tombée de la nuit, 1er coucher de soleil, 1ère fois également que les américains de Tecnu nous double!!! Notre fin de section est plus poussive, quelques équipes nous doublent dans la nuit sur cette interminable final. Il est 23h30 environ quand nous touchons enfin la terre à la 10ème place environ.

Section 2: trek 25km, jaguar et premier bush...
Après une transition des plus rapides, nous partons en marchant en prenant soin de nous alimenter. Puis sur cette première longue piste qui nous fait passer momentanément la frontière Bolivienne, nous courrons un peu et reprenons les très sympas sud africain de Merell. Petit chassé croisé également avec les militaires Suédois (SAFAT). Seuls, nous approchons du premier CP et sur la gauche 2 yeux nous observent, on éclaire, un jaguar déjà! Je sors ma Gopro mais hélas le fauve s'en est allé...
Ca commence bien ce raid. On pointe le premier poste et l'orientation fine démarre, 3 équipes devant nous semblent jardiner un peu, je prends le cap et trouve assez rapidement le sentier qui doit nous mener au cp suivant. Ca met en confiance! Dans la montée sèche, on reprend les suédois de Peak mais Nico nous fait un petit coup de chaud... Le bonhomme est solide, après 5' de pause, on pointe le poste et on attaque la descente "into the bush". On ne sort pas la machette mais la progression est compliquée. On reprend une nouvelle équipe et l'on trouve un petit canyon que l'on descend. Je m'aperçois au bout d'un moment que j'ai perdu ma carte! Heureusement qu'on avait "acheté" un deuxième jeu car je me vois mal la retrouver dans cette végétation luxuriante. Comme toujours lors de ces progressions, le verdict tombe à l'aire de transition suivante! A t on trouvé la bonne trace, le meilleur passage? He bien oui puisque nous pointons quasiment au lever du jour le dimanche matin à la 4ème place! Les Silva sont là, nous sommes devant les anglais et les espagnols,  le moral est au beau fixe!

Section 3: packraft-trek 50km, où l'on comprend que le raid sera long, très long...
Très rapidement, l'on s'aperçoit que l'un de nos deux rafts se dégonfle, on s'arrête, on inspecte le bateau mais rien pas de trou. On repart en prenant soin de bien fermer les bouchons et ouf ça tient. Nous avions du juste mal fermé l'un d'eux. Sinon c'était mission impossible... Notre raft avec tom est trop petit, on est super mal installé et j'adopte la position allongé. Nico et Audrey les gros bras de l'équipe nous tractent! On déambule au lever du soleil dans des méandres, c'est beau et sauvage. Les espagnols nous doublent, puis des tchèques mais nous les lâchons à nouveau sur une coupe qui s'avèrera en fait être le cheminement idéal (cette carte est piégeuse...),  la chance est avec nous!
Regroupement au CP6 car ce dernier est manquant. Les espagnols tournent depuis un moment (souvenir du RIF), nous cherchons, les Anglais et les Tchèques nous rejoignent.  Nous prenons la photo du coin et continuons notre route!
Un immense lac se dresse devant nous, vent de face... Cela ne va pas être une partie de plaisir. On se lance à l'assaut des vagues en position d'attaque, Nico et Audrey peinent enfin:) A nous de les accrocher,  on double les Anglais, histoire des les impressionner, on en remet une bonne couche! On termine enfin la partie raft de cette section. On accoste sur une plage en bord de forêt dense très dense... On fait le plein d'eau, on charge nos sacs avec les bateaux, les gilets, les pagaies! Il doit faire 40° à l'ombre... On attaque la partie trek, on a du bush à traverser pour atteindre le CP7 au sommet. J'ai chaud très chaud, je suis limite... Nico a sorti la machette et nous ouvre la voie, Tom prend le relais de temps en temps. Chaleur plus bush plus ascension vertical égal 1km/h. On avance malgré tout et on entend autour de nous une ou deux équipes. On se fait une pause à l'entrée d'une grotte d'où un semblant de fraicheur en sort. Mais au bout de 5' on entend les Anglais en approche. On poursuit jusqu'au CP où l'on retrouve Silva  à l'ombre d'un arbre et les Anglais en forme qui en repartent. On a chaud mais on est dans la course plus que jamais, 3ème à 1' des 2èmes. On a un moral d'acier et on entame immédiatement la descente vers l'aire de transition. On a plus d'eau et ça commence à être limite. On navigue à la boussole vers un cours d'eau... à sec. Puis 1h plus tard un autre et là miracle une source! La chance est toujours avec nous, on boit des litres, on s'asperge et on reprend notre cheminement. Un chemin doit nous mener à bon port. On trouve une trace qui s'avère être un ruisseau. On se souvient du breefing où Shubi nous avait dit "le trait noir sur la carte correspond soit à un chemin, soit à une rivière, soit à la trace idéale..." On se dit qu'on est sur le bon mais rapidement on tombe à nouveau dans le bush. Cette fin de section ne sera donc pas facile! Très vite Silva arrive, on cherche ensemble. Ils semblent vouloir poursuivre dans cette voie. On pense au contraire qu'il y a autre chose à faire. Bientôt d'autres équipes arrivent (4-5) et on décide avec Merell de partir plein nord pour retrouver le bon chemin. On y arrive enfin! 2h de perdu mais c'est rien par rapport aux suédois et autres américains qui persévèrent sur la mauvaise voie... On rejoint enfin tard dans la soirée la transition. On se rend compte alors que l'orga s'est complètement planté sur les estimations de temps des sections à pied... Nous espérions une arrivée jeudi soir, ce sera au mieux vendredi soir! Nous dormons 1h30 en compagnie de Merell. Ravitaillement et douche au programme pour certain!

Section 4: trek 68km, into the wild...
 Nous repartons 3ème en milieu de nuit, les autres équipes ne sont toujours pas là et on les imagine en galère dans le ruisseau précédent... Le moral au beau fixe, on attaque le plus long trek de la semaine tout d'abord par des chemins et sentiers très roulants. Le Cp9 pointé, on cherche en vain et durant une bonne heure le sentier qui doit nous mener sur les flancs de la montagne. Peine perdue, il n'y a rien et on attaque donc dans le rivière puis à nouveau dans le bush. Nico devient un expert de la machette et il nous crée des passages dans cette végétation dense. Au lever du jour, nous sommes dans l'ascension qui doit mener au CP10, le bush c'est terminé pour la journée! Le lever du soleil sur le Pantanal est grandiose. On s'accorde une pause de 5' devant ce décor de rêve. On fait le plein d'eau dans un ruisseau puis on atteint le fameux CP. Nous sommes loin des intouchables Seagate mais à 2h des Anglais 2ème qui n'ont pas dormi... La suite c'est une longue crête avec des sommets intermédiaires. Mes camarades prennent peur quand je leur montre tout au bout de l'horizon l'emplacement du CP11... Une longue journée nous attend. La chaleur se pointe aussi... On marche doucement, on fait des pauses, on trouve au bout de 3-4h une source. On prend le temps et on remplit tout ce qu'on peut (bidon, poches à eau). De temps en temps, de magnifiques Aras volent au dessus de nous  par deux ou trois. Franchement, il fait chaud mais que cette nature est belle.
 Nos gaspachos et wingel Naturex sont de délicieuses douceurs dans ces moments de canicule. Nous avons des pensées pour le labo qui nous a préparé tout cela... Au milieu de l'après midi, notre situation en eau  devient critique. On explore les quelques cours d'eau indiqués sur la carte mais ils sont tous à sec... Et puis plus tard miracle, une source au milieu de nul part sur lequel on tombe par hasard. Le Dieu du Raid est avec nous! On va même jusqu'à se baigner avec Audrey... On repart tout sourire même si notre invincible Audrey est un peu dans le dur! On aperçoit devant nous 7 personnes... mais qui est ce? En fait ce sont 3 journalistes photographes et les Anglais. Ces derniers semblent au plus mal à l'ombre d'un arbre. On les passent. Nous sommes 2èmes des championnats du monde après 55h de course, c'est phénoménal! 3 Australiens hors course nous reprennent. On chemine plus ou moins ensemble vers le tant désiré Cp 11 que nous atteignons en fin d'après midi. On se pose et observons avec Tom l'attaque du Cp12. Audrey nous fait une grosse colère car on veut vite descendre avant la nuit et elle se serait bien posée 5' de plus... On fait à nouveau le plein d'eau. Ce Cp 12 est compliqué de nuit, on perd un peu de temps mais on le trouve. S'en suit une descente sur une crête un peu tendue, des pierres dévalent et Tom n'aime pas du tout ça. Du coup il cherche et nous trouve un canyon sec des plus roulants pour terminer notre descente! J'en profite pour me faire une belle entorse cheville gauche avec petit craquement, oup's va falloir serrer les dents! On coupe une rivière, les australiens sont là et nous disent ne pas trouver le chemin qui mène à l'aire de transition. On prend le temps de remplir nos gourdes et de se nettoyer les pieds. Sur la carte, le chemin suit la rivière puis part au nord est. On suit donc la carte mais pas de chemin. On tente un azimut, on sort la machette, mais toujours rien. On se dit alors que de nouveau le bush est au programme de cette fin de section. (erreur fatale, on est à 50m du chemin sans le savoir...).
Allez Nico, go! On avance à l'azimut une bonne partie de la nuit, c'est compliqué et puis vers 4h30 du matin cela devient impossible, on tourne en rond sans trouver de passage. On décide de dormir jusqu'au lever du jour. On est en pleine jungle, on met nos hauts et bas ultra light Raidlight, notre moustiquaire de tête et on dort là au milieu de nul part avec la faune locale... Improbable, impensable... On se réveille en vie sans avoir subit  d'attaque:) Que faire! On décide de retourner sur la rivière et de la redescendre jusqu'au croisement avec la piste. Beaucoup plus long mais plus sur! On retrouve notre rivière non sans peine. Une autre équipe semble avoir fait ce choix. C'est bon signe. Nouveau moment de grâce, le décor est magnifique, des singes inquiets nous accueillent à leur façon, nous avons parfois de l'eau jusqu'au cou. Quelques petits caimans aussi. Nous avançons doucement. Nous avons sans doute perdu le podium sur cette fin de section mais nous nous sentons privilégiés de vivre un tel moment. INTO THE WILD... Nico devant joue les explorateurs, on l'entend crier de joie, il a  retrouvé la piste. 10' plus tard on voit apparaitre la piste qu'on a jamais trouvé sur notre droite.
Les carottes sont cuites, on a du perdre 7 ou 8h sur les équipes qui ont trouvé le chemin immédiatement. De plus cette longue marche dans la rivière a bien entamé nos pieds... On croise Craig le boss de l'Arws, puis l'aire de transition. On est 9ème ou 10ème... et pour l'arrivée ce sera samedi maintenant! On se ravitaille, on nous soigne les pieds. Un photographe prend une photo des miens qui fera le buzz sur face book et qui inquiètera grandement mes proches. Ce sont des "compils" sous mes pieds qui sont en décomposition, et non mes pieds!!! Je souffre de deux ampoules aux petits doigts de pied mais rien de bien grave! Après 5h de marche dans une rivière, forcément on a les pieds un peu fripés... Le médecin local me met de l'alcool à 90 sur mes ampoules, je hurle de douleur, un journaliste japonais ne comprend pas que je continue le raid. Je lui explique avec mon anglais "parfait" que ce ne sont pas deux petites ampoules mal placées qui vont mettre un terme à mon expédition Pantanalesque...

Section 5: kayak, 60km, avec le vent et les courants!

Nico toujours aussi efficace a préparé les bateaux. Nous partons pour une nouvelle longue section kayak. On décide rapidement de s'accrocher et de dormir à tour de rôle. Le vent nous pousse, le courant est parfois fort. Hélas les arceaux de nos voiles se sont cassés et on ne peut les utiliser! Des photographes nous approchent souvent. Cette section est finalement tranquille. On avance à un bon rythme et on se repose aussi.
On passe donc la journée du mardi ainsi jusqu'au terme de la section qui marque le début de la partie la plus difficile du raid au coeur du Pantanal. Nous dormons dans notre tente 1h30, un petit café Naturex et c'est reparti!

Section 6: trek, 50km, la rivière aux crocodiles...

Difficile pour nous de remettre les pieds en marche, les ampoules nous font boitiller. Petit à petit ça va mieux, on trouve le début du chemin facilement. Ce dernier se transforme rapidement en rivière. Au début nous croisons de petits caimans ridicules. Tom nous fait mourir de rire avec ses angoisses nocturnes! Les Anglais nous doublent, on les pensait devant! L'état de nos pieds ne nous permet pas de les suivre. On se demande alors pourquoi l'orga ne nous a pas fait faire cette section en packraft. On marche dans une rivière sans fin. On voit nos premières dangereuses raies! On ne peut s'appuyer sur rien sur la carte car les rivières n'existent plus et le chemin est lui même une rivière. Seuls quelques barrières de bétail sont cartées et existantes mais pas toutes! Nouveau lever du jour dans un décor somptueux. Quelle Aventure.
On atteint le premier point de référence cartée plus tôt qu'on le pense. Tant mieux. Une ferme et un cowboy qui nous indique le chemin suivant. On a le moral en ce début de matinée. Nico se plaint de plus en plus des pieds et le rythme baisse. On trouve la ferme suivante assez facilement. On demande à un autre cowboy le chemin, il se montre vague et nous indique une direction. On tente, on trouve des traces d'animaux mais rien de sur. J'hésite et après une heure, je propose aux copains de retourner à la ferme car je crains de perdre le cap sur cette fin de section et vue l'environnement et la carte, y a moyen de se perdre un moment!
De retour vers la ferme Nico marche sur un gros croco. La chaleur est de nouveau écrasante. Les locaux nous propose un bon repas et de l'eau fraiche. C'est parfait à ce moment de la journée! Audrey n'a pas le droit de manger avec nous et elle prend son repas dans l'arrière cuisine!! On repart accompagné par notre cowboy qui nous emmène dans la bonne direction. Je le remercie mais il tient à nous accompagner plus loin! C'est limite gênant et au bout d'un moment on lui fait comprendre qu'on va vraiment continuer seul:) Il fait de nouveau très chaud, on se baigne régulièrement, on trouve de l'eau facilement tellement il y a des marais. Parfois l'eau est à 40° et nos pieds souffrent de plus en plus. On avance doucement dans des paysages grandioses. Sangliers, loutres, oiseaux plus beaux les uns que les autres nous accompagnent. Tenir un cap sur 20km, c'est difficile. les zones de végétation cartées ne correspondent à rien dans la réalité. Nous comprenons vite qu'on atteindra pas la fin de la section de jour... Avec Tom on se cale, sur une barrière à la tombée de la nuit. Audrey prend soin de  Nico. Nous sommes à vol d'oiseau à 5km de l'AT. Le problème est que nous ne connaissons pas exactement notre position sur cette barrière. De nuit le seul choix possible est de partir à l'azimut plein nord avec erreur volontaire jusqu'à la barrière suivante (en espérant qu'elle existe encore) puis de longer cette barrière  plein est jusqu'à l'AT... Mike Horn est en nous, explorateurs de l'extrême nous voici!!!
Bien sur ce sont des marais sans fin devant nous... J'ouvre la voie avec mes bâtons sondeurs , Tom derrière puis Audrey et Nico. Je garde le cap, Tom surveille les ilots où l'on pourra éventuellement planter la tente. Au début peu d'eau puis de plus en plus et des yeux qui apparaissent. Lorsqu'ils sont rouges, ce sont de petits caimans, losrqu'ils sont jaunes, ce sont des spécimens de 3-4m! De temps à autre une bande de terre où l'on reprend son souffle. Je suis étrangement serein, "les crocodiles ne sont pas un danger, nous avait-on dit au breefing", je continue en ayant intégrer visiblement cette donnée qui a sans doute échappée à Tom qui a sorti la machette dans mon dos, pour me sauver me dit-il! Deux heures qu'on taille notre azimut dans cette ambiance, on devrait approcher... Pourvu que cette barrière existe encore... on arrive dans une zone très profonde, crocodileland, on contourne par l'est et puis miracle une lumière sur notre droite dans la direction supposée de l'AT! Cette lumière est notre nouvelle visée, mais entre nous se dresse de nouveau des marais bien profonds et peuplés. Je sonde de nouveau et hop un croco sous mes pieds qui fuit à la vitesse de la lumière. Puis un 2ème... je suis content d'avoir mes bâtons! Tu vois bien Tom qu'ils ont peur de nous:) Vers 22h ce mercredi soir nous rejoignions la frontale de José Pires à l'AT 6 terme de cette section d'anthologie qui nous aura occupée 24h et marquée pour le restant de nos jours. Nous retrouvons Merell, Tecnu et des équipes Brésiliennes shuntées. 6 équipes sont partis sur la section suivante de packraft, José s'occupe de nous, repas chaud et repos. Nous prévoyons de repartir au lever du jour. On est chaud bouillant!

Section 7: 50km packraft, voyage au dessus du Pantanal

A notre réveil à 4h30, José nous apprend que les anglais sont revenus en arrière car ils ne trouvaient pas le chemin. Il nous indique également que Seagate est sur le section depuis plus de 24h et que c'est très compliqué, que les espagnols ont envoyé un message de secours et que les estoniens semblent perdus également. Le capitaine Anglais réuni tout le monde et signale qu'il nous faudra environ 2 jours pour faire cette section ce qui nous amènerait à vendredi soir... veille de l'arrivée, et avant veille de notre départ pour la France. Il joue le rôle de l'organisateur qui s'adapte en lieu et place des organisateurs qui semblent dépassés et qui ne mesurent pas l'ampleur de la tâche pour avoir les équipes samedi à l'arrivée. L'organisation finit par répondre positivement à la demande des Anglais. Plus personne ne part sur cette section packraft. On va nous transporter par petit avion local au départ de la section vtt n°9! On en profite donc pour dormir de nouveau et se ravitailler... Dans l'après midi du jeudi, un premier avion transporte les sud af de Merrel puis les Anglais, puis les Américains, puis nous. Nous pensons alors que cette AT était une sorte de dark zone  et que nous repartons en chasse de ces 3 équipes pour cette fin de raid. Sachant que peu d'équipes sur les 5 sortiront du packraft n°7, on se dit alors que la course est relancée...
Notre vol dans ce petit coucou de l'armée Brésilienne est fantastique. Il vol très proche du sol, la vue sur le Pantanal est merveilleuse. On passe au dessus d'une équipe en packraft et on ne les envie pas tant ils semblent perdu dans ce dédale de marais...

Section 9: 185km vtt,  sable, soif et orage...

Enfin du vtt, on est jeudi soir et depuis samedi 13h, on marche ou on pagaie! Romu n'aurait pas aimé ce manque de variété...
On se prépare vite contrairement à Tecnu. L'orga nous annonce un vtt modifié par rapport aux 150km prévu. Dans nos têtes, modifié égal raccourci, on ne se charge pas trop en nourriture et eau du coup. De plus on va faire ça de nuit...
On part en même temps que nos amis américains. Audrey n'est pas du tout avec nous, elle est "ailleurs" comme elle dit. Ce début de section est donc bien difficile pour elle. Nico l'accroche à sa laisse.  Avec Tom on est bien dans la carte et les chemins sont presque tous cartés, ouf!
Par contre on est dans des zones de sable et avec le manque de pluie des dernières semaines, on est plus souvent à coté du vélo que dessus! Même de nuit, cette zone est chaude et très rapidement on épuise nos réserves en eau. Pas de village, pas de rivière, rien toute la nuit. Une mare avec des bestiaux, on remplit une gourde en cas de dernier recours mais l'eau noire est peu engageante. Heureusement j'avais emmener 3 boissons sucrés. Je distille toutes les 30 mn une gorgée à chacun! Le wingel naturex devient alors le safegel tant sa fraicheur nous comble.
On a repéré une ferme et notre but est de l'atteindre pour faire le plein d'eau. Vers 5h du matin nous y sommes enfin. Les chiens hurlent, un homme se réveille au loin et pointe derrière des barrières, Nico nous fait alors un show de communication à distance"amigo, por favor, agua, amigo, amigo, agua...". Après quelques minutes assez longues un autre homme se pointe. Il nous invite à venir et nous pouvons alors boire sans fin comme on en rêvait depuis de longues heures! Le bonheur c'est simple comme une bouteille d'eau... On repart de nouveau sur de bons rails. On s'amuse alors à imaginer que nous sommes dans un jeu et que l'organisateur nous lance des défis successifs que nous remportons. Après la canicule, le bush, les singes, les crocos, l'avion, le sable, la soif... Que nous réserve maintenant Shubi? He bien c'est l'orage et les pluies diluviennes. Bon pour le coup on n'est pas contre car cela nous rafraichit bien. Mais rouler dans le sable, face au vent et dans l'orage, cela à tendance à ralentir encore notre rythme!

Cette section modifiée s'avère plus longue et on s'aperçoit de notre erreur lors de notre préparation de section. On n'a plus rien à manger quand Tom nous annonce tout sourire que lui a encore plein de chose dans son sac! Champagne! On termine fort cette section, on se relaye, on s'accroche les uns les autres, Nico en locomotive. On retrouve vie humaine le vendredi midi à un Cp. On pourrait acheter à manger mais on a plus d'argent, tout juste de quoi acheter une bouteille de coca fraiche. Il reste encore 45km et cela me coupe un peu les pâtes d'autant que les ricains sudaf et anglais sont plus de 2h devant nous... On traverse une rivière en bateau, petite pause bienvenue puis on termine cette section. Enfin quelques cotes et descentes à l'approche de mines de fer. La terre et les mares sont d'un rouge puissant. On croise un énorme serpent sur le bord de la piste! On retrouve enfin nos caisses et on se délecte de nos victuailles tant désirées! Seagate arrive alors, ils ont l'air en pleine forme, serein.  On repart à vélo pour le nouveau défi de Shubi, 13km sur une voie de chemin de fer. Horrible! mais on relève le défi. Les suédois de Peak nous rattrapent sur cette section et cela nous énerve franchement. Pas question de se faire doubler par Peak! On attaque ainsi la montée vers l'atelier de corde au taquet et on les dépose sur place.

Section 10: cordes, oulalalala!
On se change vite et  l'orga nous indique qu'il faut suivre le balisage pour monter au départ du rappel. Le balisage est défaillant et dans le brouillard on le perd à de nombreuses reprises ce qui a le don d'énerver Toto. On finit par arriver tout de même au bord de la falaise. Brouillard, vent cinglant, rappel vertigineux. Les guides locaux nous équipent, la mise en place dans le vide est tendue, je prends le soin de ne pas trop allumer ma frontale pour ne pas voir l'environnement... C'est un rappel de plus de 150m guidé par une poulie. Mi tyro, mi rappel qui nous place dans un gigantesque vide. Quelle ambiance!

Section 11: allez dans 25km on boit une bière...
Ce dernier vtt semble une formalité, une belle descente puis un retour roulant vers Corumba. J'annonce aux copains qu'on va boire une bière dans 2h!
On galère un peu pour trouver le sentier de départ et puis superbe descente singletrack vtt, la seule du raid. On rejoint une piste et là le sommeil dans cette fin de soirée nous attaque. 7ème nuit de raid, oup's c'est dur, on avance, on chante, on crie pour se réveiller, on reprend du café. On traverse une piste pleine de gleyse et on manque de tous casser notre transmission. Nouvelle épreuve de Shubi, on passe encore! On trouve le cp suivant. On dort 10mn. Allez dernière ligne droite! Et puis quelques kms plus loin plus rien, plus de chemin, plus de sentier, juste un bout de rubalise qui nous invite à rentrer dans le bush! Non Shubi pas maintenant, pas la dernière nuit, pas à 10km de l'arrivée. Là c'est abusé,! Tom ne veut pas me croire qu'il n'y a pas de chemin. Je lui montre les traces des nos copains qui sont passés avant mais nerveusement, c'est trop  pour lui en cette dernière nuit. On décide de dormir 30' avant d'affronter les 5kms à venir. Car vu la végétation, il nous faudra bien 3-4h pour passer... Je réveille les troupes pour en finir. On avance, en suivant les traces des autres, Tom et Audrey trainent, je mets du temps à m'apercevoir que Tom n'est pas réellement avec nous... "serge" s'est réveillé à sa place et il est complètement à coté de ses pompes. "on est où?" "on fait quoi?" "vous me manipulez?". Moment très désagréable qu'on abrège à coté d'une ferme posé au milieu de nulle part. On refait une sieste pour attendre le lever du jour. Les américains sont là aussi et dorment! Je laisse les copains  et je cherche la sortie de cet enfer. Je trouve une rivière qui part dans la bonne direction et persuadé que notre salut passe par là je réveille de nouveau les copains au lever du jour. Tom est de nouveau avec nous, ouf! On longe, nage avec notre vtt dans cette rivière et on aperçoit à nouveau une trace dans le bush certainement celle de Seagate. On l'emprunte et une petite heure plus tard nous atteignions enfin la piste finale! Shubi, défi relevé! ce serait bien d'arrêter là... C'est une victoire pour nous d'autant qu'on sait les américains derrière nous!
On roule le coeur léger jusqu'à Corumba pour la dernière épreuve de barque de 5km. Nous atteignions la Transition vers 8h du matin. Seuls Seagate et les Anglais sont passés. On a aussi doubler Merrel! Yes.

Section 12: barque 5km, on coule!
On embarque c'est le cas de le dire dans une barque très instable. Il nous faut remonter le Paraguay et il y a du courant. A aucun moment l'orga ne nous dit de laisser nos sacs. On est tellement chargé qu'à chaque déséquilibre, l'eau pénètre dans la barque!!! Tom nous dit qu'on va couler. On lui dit que non et puis 2km plus loin... Shubi nous fait  couler! On perd une pagaie, on arrive tant bien que mal à atteindre le bord où des locaux nous aide à vider la barque. Les Sud Af de Merrel nous doublent alors avec une barque bien meilleure que la notre et sans leur sac! Quelle injustice... à 3km de l'arrivée, ça nous plombe! Ca fait genre arrivée de l'an passée en Equateur! Un sprint après 7 jours complètement inégalitaire... Bon les "Merrel" on les aime bien, la pilule passe mieux! On repart sans nos sacs laissés dans les fourrés. On franchit enfin cette ligne ce samedi matin vers 10h après 165h de course juste devant Tecnu qui termine à pied après avoir coulé également!

Jamais dans nos précédentes aventures nous avons atteint une telle intensité émotionnelle. Les dernières 24h mis à part le rappel sont  inutiles et clairement de trop mais ce que nous avons pu vivre les 6 jours précédents n'est pas donné à tout le monde. Ce plongeons dans le coeur du Pantanal restera à tout jamais dans nos mémoires. Je suis fier de notre équipe si soudée. Nico a montré une grande force mentale et physique. Toujours à l'écoute des autres, il aura souvent tracé la route.
 Audrey imperturbable, sereine, tranquille aurait pu continuer sans doute encore longtemps.
Tom notre moteur à pied aura dépassé de nouveau de nombreuses limites personnelles.
Quant à moi, à un chemin près, je suis assez content de mon orientation et qu'on se le dise, mes vieux pieds fripés vont bien!!!

L'ARWS doit maintenant réfléchir à son cahier des charges concernant les organisations des raids et surtout les finales car cette fin de raid ne donne pas beaucoup de crédibilité. Le classement  ne repose sur rien (on nous classe 9ème derrière les Américains alors qu'on franchit la ligne avant eux avec un parcours identique, les Espagnols et Estoniens sont  4èmes et 5èmes alors qu'on doute de leur autonomie sur la section packraft).
La cérémonie de clôture est à l'image de cette fin, indigeste. On aura tout de même eu le plaisir de discuter avec les Français d'Issy plein de rancoeur envers cette organisation dépassée par l'évènement. Leur principale erreur aura été de sous estimer le durée des sections, voire de ne pas avoir fait les reconnaissances en condition de course. Malgré tout leur accueil aura toujours été chaleureux et sans eux nous n'aurions vécu cette expérience.

Un grand merci à nos partenaires sponsors sans qui également tout ceci n'aurait été possible. Raidlight, Naturex, Hoka, la Brink's notamment.

La saison 2015 s'achève. Compter sur nous pour 2016...